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BILL DE SAM : BON OU MAUVAIS EXEMPLE ?

Bill De Sam, artiste guinéen reconverti en homme politique

Coup de gueule Incontestablement, Alpha SOUMAH a.k.a Bill De Sam fut une figure de proue du mouvement rap en Guinée dans les années 90′. Sa discographie très riche, a toujours fait frissonner les mélomanes de son époque. La Guinée était fière de lui.

Le bien-fondé et l’originalité de ses textes affables à tous, avaient fait de lui une marque déposée dans les rayons de la musique urbaine en Afrique. En gros, il fut une référence pour beaucoup de jeunes ayant été bercés au trognon par la pugnacité et la teneur de ses titres étalés sur  fond de « Mandingo sound », une sonorité propre à la Guinée qui avait influencé toute l’Afrique de l’Ouest. L’on se rappelle de ses tubes qui ont longtemps fait danser les plus avertis aux novices de la sauce Rap : « Sogolon », « Guinhè Kolo », « Yankadi Dance ».

Bill De Sam, fut une porte-voix des sans voix, le porte-fanion d’une messe musicale jeune qui avait urgemment besoin de s’affirmer après la mort de ses grandes icônes comme Sory Kandia Kouyaté, Aboubacar Demba CAMARA. Bill avait su reprendre le flambeau et poussé cette gloire jusqu’à l’autre côté de la rive. Il était la vedette de scène rap au même moment que Kill-Point, Légitime Défense, feu Hamid Chanana. C’était du bon vieux temps, où le rap était le seul et unique moyen pour les jeunes des ghettos de se faire entendre par le système de Conakry. L’artiste de Samaya en était la star…toute entière !

Malheureusement, comme si cela ne suffisait, Bill De Sam avait finalement tout remballé pour aller vivre en France. Lui qui énonçait dans son album « Exil », l’impossible alternative de la jeunesse rêvant d’échapper à la pauvreté et la grosse misère de Conakry, pour fuir vers un eldorado, pas aussi vraiment sûr. Mais l’auteur de « Yankadi Dance », lui, en a quand même essayé et il a entiré profit, puisqu’il a su cumuler de bonnes études et d’opportunités.

Le retour à la maison…

Quelques années après son « Exil », Bill De SAM regagnait Conakry en 2010. Et dans sa valise, se cachaient des projets, mais pas forcément liés à la musique comme nombreux le croyaient d’ailleurs.

Arrivé au bercail, le Diaspo a intégré la société Guicopres en qualité de Gestionnaire Web et Contenus Multimédias. Toujours loin de la musique, il gratte aussi dans d’autres activités liées au tourisme. De temps en temps, l’ancien rappeur participe à quelques projets artistiques des jeunes en Guinée.

Bill De Sam était aussi associé au projet de célébration des 20 ans du Hip-Hop guinéen mais qui n’a malheureusement pas vu jour.

La jeunesse attendait mieux de lui ?

A l’image de Didier Awadi au Sénégal,  ou encore plus loin de Jay-Z aux States, nombreux espéraient voir Bill De Sam encore plus vif et actif dans la filière musique guinéenne en tant que producteur, ou simple faiseur de stars avec un investissent probant dans la chaîne du showbiz guinéen. Cela, pour aider ceux qui ont cru en sa musique depuis le début. Faire des albums ? Ou soit se lancer peut-être dans la production ? Avoir un droit de regard sur la musique jeune à Conakry ? Rien de tout ça, mais Bill de Sam avait d’autres intentions professionnelles.

Au-delà de toutes ces paramètres dans lesquelles l’auteur de « Sogolon » pouvait se reconvertir, lui, il a tracé son propre chemin où il se sentirait encore mieux, la POLITIQUE, comme Kanye West et Akon aux États Unis. Ce choix politique de l’homme a fait couler beaucoup d’encre et de salive dans la presse locale. Puisque nombreux étaient stupéfaits.

Ces derniers temps, il milite pour la cause du FNDC (Front national pour la défense de la constitution). La prison, il en a connu dans ce combat. Voilà la quintessence du parcours d’un élite du rap qui bascule audacieusement dans la politique. Alors peut-on lui jeter l’opprobre ?

Bill De Sam et la nouvelle génération de la musique urbaine guinéenne :  mauvais rapport !

Apparemment, Bill de Sam et ses « petits frères » artistes ne fument pas le même calumet. Cela se traduit en clash sur le réseau social guinéen. Que se passe-t-il ? C’est bien vrai, ils ne sont pas de la même époque, mais est-il une raison qu’ils s’attirent la foudre ?

Les traces de son clash avec Djanii Alfa ne sont pas encore gommées, et voilà, il jette à nouveau la pierre dans le jardin, de la Fondation Abdou M’baye qui est présentement en plein enregistrement d’une chanson pour la Paix en Guinée. Les nombreux artistes sur ce projet se sont vus offusquer par les propos de leur aîné Bill De Sam qui a laissé un post jugé « virulent » sur Facebook.

« ARRÊTEZ DE VOUS FOUTRE DU PEUPLE !
Quelle Paix voulez-vous nous chanter?
Nous ne sommes pas un pays en guerre.
Il faut plutôt oser dire la vérité à cette mafia au sommet de l’état qui compte vous utilisez comme d’habitude pour endormir le peuple.
UN COUP D’ÉTAT CONSTITUTIONNEL EST EN COURS, MERDE !
Soyez du côté des opprimés et non des oppresseurs!
Soyez responsables pour une fois! »,

Ce post a tout de suite fait réagir la toile et chacun y va de son commentaire. C’est alors, une nouvelle polémique qui s’empare de l’univers artistique guinéen. Les commentaires affolent le réseau social guinéen avec une fissure béante entre les artistes urbains du pays. Entre les générations, les vieilles guerres se déterrent. Entre les fans, les guerres de déclarent. Le milieu artistique guinéen est à nouveau en proie à une crise de leadership et d’opinion croisée. Peut-on désormais remettre les choses à plat ?

F. Syta CAMARA

AFROGUINÉE MAGAZINE

A propos Aboubacar

Journaliste et animateur radio. Directeur de Publication de ©Afroguinée Magazine, premier portail culturel et événementiel de Guinée-Conakry.

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