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[Dossier] Les exilés du rap guinéen !

Ils sont nombreux, ces groupes de rap guinéens ayant préférés l’exil. On peut bien citer quelques-uns : le groupe Methodik (Yoriken, Bouigui Basta, Sindla, Star crazy) ; Alkebulan (Baara-K & Masta Hams) ; Leg Def (Lord Kemy et Lady Lu) ; Gandal Folly (Dieng, Biz Dondon).

Le groupe Alkebulan

Dans cette légion de rappeurs guinéens exilés, le groupe mythique et leader du hip-hop guinéen, Kill-Point, n’est pas en reste. Malgré tout, quelques membres influents de ce crew révolutionnaire ont bien voulu rester au pays pour développer leur business. Si ces ténors artistiques de la musique urbaine guinéenne ont épousé l’exil pour de multiples raisons, leur retrait du game a laissé quand même un vide considérable.

Le groupe Kill-Point

L’amer constat demeure toujours est inquiétant. Aussi vrai que, la vague d’artistes voyageurs a bien impacté le milieu rappologique guinéen. Des structures de productions Rap se sont effritées à Conakry et de nombreux fans laissés pour compte. Sans compter le niveau de la qualité de la musique urbaine guinéenne qui a pris un sacré coup. Cela pourrait s’expliquer par le simple fait que la nouvelle génération du Hip-Hop guinéen s’est retrouvée sans repère. Ce qui laisse entrevoir, des ratés et de nombreuses imperfections en matière de prod sur nombreux albums Rap qui pilulent sur le marché de disque en Guinée.

Le groupe Methodik

En remontant le temps jusqu’aux années 96′ à 2000′, où tous les groupes étaient sur place, le Rap était devenu au fil des ans, l’une des sonorités musicales les plus consommées et imposait une certaine notoriété dans l’univers musical guinéen.

Le constat, est que depuis le départ de certains aînés, le rap se serait vu en perte de vitesse. Des tendances comme le Dance hall, le Reggae ont eu la force et tout le monde y migre pendant qu’ailleurs, le Rap pur perdure et se renouvelle sans cesse, encore à la mode comme au Sénégal, au Mali, au Burkina Faso et dans bien d’autres pays africains. Où désormais le Rap s’accommode au folklore du terroir, de grands événements autour du genre fleurissent pour autant.

A Conakry, malgré cette déportation enregistrée à tour de rôle, nombreux artistes Old school sont restés au pays et tiennent le fanion tels que : Phaduba, Fadjidi, Mamdy de Silatigui pour ne citer que ceux-là.

Phaduba

Par ailleurs, tous les gros mouvements de l’âge d’or du Rap Guinéen ont disparu. Il n’y a plus de Rap Koulè, plus de Saga Hip Hop, plus de Béni Compilation, ni moins d’Empire Folila. Les compilations produites par ces gros collectifs sont passées dans les oubliettes. Des mixtapes enterrées autour d’un déclin collectif.

D’ailleurs des leaders de cet âge d’or du rap made in Guinée comme Bill de Sam, Aizeko, Ras Condel se sont reconvertis dans l’entrepreneuriat. A cela s’ajoute, la deuxième vague : Silatigui, Duuda Inch-Allah, Masta G, Degg J Force 3, Sembèdèkè et autres qui tirent le diable par la queue. Et, la plupart des exilés ont abandonné le Rap au profit des affaires de survie plus juteuses comme le cas Dog Meny. Depuis des années, certains annoncent leur come-back qui n’a que trop duré. En attendant, la nouvelle génération se bat comme elle peut pour faire survivre le Rap et cet instinct du Hip Hop qui avait bercé toute une jeunesse.

www.afroguinee.com

A propos Fode Sita Camara

Journaliste reporter. Rédacteur en chef à ©Afroguinée Magazine, premier portail culturel et événementiel de Guinée-Conakry.

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