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Drame de Rogbané : Malick Kébé et Ablaye M’Baye à la barre !

Première comparution de Malick Kébé et Ablaye M’Baye devant la Cour d’appel de Conakry dans l’affaire du Drame de Rogbané.

La salle d’audience de la Cour d’Appel de Conakry a refoulé du monde ce lundi 22 janvier 2014. Pour cause, le procès du Drame de Rogbané devait s’ouvrir après son report et sa délocalisation.  Ce matin donc, tous les accusés cités dans cette affaire étaient présents dans la salle notamment, l’ex DG de l’AGS, Malick Kébé et Ablaye Mbaye tous habillés en t-shirt blanc avec un chapelet en main ; le Maire de Ratoma, Batouta Camara en costume noir, le gouverneur Soriba Sorel Camara, cette fois-ci en Bazin de couleur maronne et autres…

Le débat a été très houleux entre les différentes parties , tout était axé sur la question d’autorisation dudit concert fatidique.

Tout d’abord dans la salle, les avocats de la défense en connivence avec le Ministère Public, Me Sidy N’diaye ont demandé qu’il plaise au Président de la cour, Magadouba Sow, d’ordonner à ce que le gouverneur de la ville de Conakry, Soriba Sorel Camara et le Président de la Délégation Spéciale de la commune de Ratoma, Batouta Camara soient assis sur un même banc d’accusé pour une égalité entre les accusés. Ce qui fut fait avant d’appeler à la barre, l’ex Directeur Général de l’Agence Guinéenne de Spectacles (AGS), Malick Kébé qui, de loin, on pouvait apercevoir au poignet de sa main, un chapelet de couleur blanche.

C’est maintenant, l’heure des explications avant de se prêter aux questions des différentes parties de la Cour !

« Le jour du drame, à 20h 46 minutes, j’ai reçu un coup d’appel de la part d’Ablaye M’baye qu’il y a eu une bousculade à la fin du spectacle. Du coup, je suis sorti de mon bureau pour me rendre au service de Sapeurs-pompiers pour leur demander d’assistance. Ensuite, j’ai reçu, un deuxième appel d’Ablaye qui a dit qu’il y a eu des évanouis. C’est ainsi, je suis allé à l’Escadron Mobil N°2 avant de me rendre à la plage avec une ambulance, puis à l’hôpital de Ratoma où on a pris des morts pour les amener au CHU de Donka. Sur le champ, ma femme m’a appelé pour me dire qu’un communiqué est passé sur les ondes d’Etat et que je suis suspendu de mes fonctions. Ensuite, j’ai été interpellé par la Brigade de Recherche de la commune de Matam», a expliqué laconiquement M. Kébé.

Si pour le procureur et les avocats de la partie civile, Malick Kébé est la personne qui a autorisé ce concert, pour la défense, leur client  ne réglemente que les spectacles en Guinée.

A noter qu’après cette explication, le débat était maintenant concentré non seulement sur le courrier que M. Kébé a adressé le 17 Juillet au gouverneur ; celui des administrateurs de la plage de Rogbanè mais aussi, sur la question d’autorisation du spectacle au cours duquel, il y a eu bousculade entraînant les 33 morts le 29 Juillet 2014.

« Je n’autorise pas un spectacle. Mon rôle en tant que responsable de l’AGS, je règlemente et je délivre l’acte de réservation du lieu où le spectacle doit se tenir, si en tout cas, le promoteur de spectacle en question est en règle. C’est-à-dire, avoir le contrat qui lui lie aux artistes qui doivent se produire, si la structure est agréée ensuite, le paiement du Foscal (taxe) qui est de 500. 000 francs guinéens. La sécurité ne relève pas de ma compétence. Elle revient à la structure qui organise, de contacter les services compétents.  Je peux refuser un spectacle à condition que le jour indiqué par le demandeur est déjà réservé par un autre organisateur de spectacle. Je demande à la cour, de faire recours à mon acte de décret. Il n’est dit nulle part, que je peux autoriser un spectacle», a précisé l’ancien producteur du groupe Mifa Guéya.

Ensuite, il a signalé que les lettres d’informations mises en cause qu’il a adressées au gouverneur dont nous détenons une copie et aux administrateurs de la plage de Rogbanè, à l’inspecteur général du gouvernorat, sont toujours restées sans suite.
Pour défendre son client, Me. Bomby Mara, Avocat de Malick Kébé, apprend à la cour que délivrer une licence ou un acte de réservation à un promoteur, ne veut pas dire autoriser un spectacle. Des explications que les avocats de la partie civile trouvent très ambiguës.

« Ce n’est pas à moi de sécuriser les spectacles, cette tâche revient aux organisateurs » s’est défendu M. Kébé  avant de céder la barre à Ablaye M’baye, le principal organisateur dudit concert.

Le principal organisateur du spectacle fatidique, Ablaye M’Baye alias, SKANDAL, Co-PDG de la structure Meurs Libre Prod (MLP) est appelé à la barre.
La question fondamentale posé à Ablaye M’baye est je cite « Qui lui a autorisé d’organiser ce spectacle ? ». Il répond que son autorisation vient de l’Agence Guinéenne de Spectacle, gérée par M. Malick Kébé.

En ce qui concerne les formalités à remplir, le rappeur du célèbre groupe de Degg G Force 3, estime qu’il a rempli toutes les conditions nécessaires pour éviter le pire :

« J’ai d’abord adressé une lettre de demande à l’AGS pour la réservation du lieu de spectacle ; j’ai écrit au gouvernorat, à la police des enfants, genre et meurs ; à la gendarmerie régionale de la ville de Conakry. Sans satisfaction, j’ai préféré négocié verbalement la gendarmerie du quartier Hamdallaye qui m’a retiré 600. 000 francs guinéens. Ce qui reste claire, cette gendarmerie a déployé sur les lieux, deux (2) pick-up remplis d’agents et ensuite, j’avais envoyé 50 vigiles d’une société privée et plus la police des meurs. Donc, honnêtement, chacun a fait ce qu’il pouvait faire et c’est avec la même équipe que j’ai l’habitude de travaillé. Alors ce qui est arrivé après, je ne peux pas dire que c’est tel ou tel seulement, je dirai que c’est la volonté de Dieu. Ensuite, on a vendu que 9000 billets tandis que la plage peut contenir près de 15 000 personnes ».

Le président de la Cour, Magadouba Sow a attiré l’attention d’Ablaye M’baye et la cour que la lettre adressée à la gendarmerie régionale de la ville de Conakry n’était pas une lettre de demande de sécurisation des lieux mais, une simple lettre d’information avant de donner la parole à Me. Bérété de la partie civile qui enfonce le clou en disant ceux-ci :

« Selon l’ordonnance rendue par le juge d’instruction, il y avait 85 agents confondus déployés sur les lieux et il y avait, 9000 personnes. Ce qui veut dire que 565 personnes par agent. Ensuite, les tickets ont été même vendus aux mineurs de 10 ans. Ce qui est extrêmement grave, c’est une imprudence et défaut de précaution », a-t-il ajouté en substance.

En revanche, la défense estime que son client s’est acquitté de ses devoirs et s’il y a eu drame, c’est parce qu’il y a eu manque de vigilance des autorités de la place.

Tout au long de cette première journée de procès, la salle d’audience et les alentours de la cour d’appel de Conakry sont restés, bouillonnants et gorgés de monde. Une foule nombreuse dont certains parents des victimes est venue  réclamer  justice saine et équitable dans ce dossier juridique très sensible et qui constitue  surtout, une première dans le monde de la culture en Guinée.

A noter que la prise des photos et des images a été strictement  interdite dans la salle d’audience.

Nous y reviendrons …

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A propos Aboubacar

Journaliste et animateur radio. Directeur de la Publication du Groupe ©Afroguinée Magazine, premier portail culturel et événementiel de Guinée-Conakry.

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