Home / Interview & Entretien / EXCLUSIF: A bâtons rompus avec Banlieuz’art…

EXCLUSIF: A bâtons rompus avec Banlieuz’art…

Notre Rédaction a récemment rencontré l’un des célèbres groupes de musique urbaine de Guinée, Banlieuz’art. Lisez in extenso, l’intégralité de notre entrevue.

Slt BLZ ! Vous avez réalisé en France des collaborations avec Black M, Hiro, Soum Bill. D’abord, comment vous avez réussi à avoir tous ces grands artistes ? Est-ce que cela a été facile ?

Nous savons que depuis des décennies, les artistes guinéens se débrouillent seuls. Ce sont des collaborations qui ont été durement négociées par notre Manager Abdou M’baye. Ça n’a pas été facile du tout d’avoir tous ces contacts. Ces artistes sont très chargés, ils n’ont pas du tout le temps. Donc, c’est un gros lobbying d’avoir leurs numéros et c’est du temps. Il fallait qu’on le fasse aussi parce que, nous avons été critiqués, quand nous avons sorti nos deux premiers albums soi-disant, qu’on ne fait pas de collaborations.

Si on n’était pas à la hauteur, ces grands chanteurs n’allaient pas nous accepter

Après donc ces collaborations, à quoi Banlieuz’art va-t-il s’attendre ?

Ce qui s’en sort dedans, c’est qu’on a la preuve que la culture guinéenne est à la hauteur. Bientôt vous aurez les sons sur les ondes. Vous vous rendrez compte, que les artistes guinéens ont le niveau. Si on n’était pas à la hauteur, ces grands chanteurs n’allaient pas nous accepter. Ils ont aussi compris qu’on a beaucoup travaillé sur l’image du groupe. Eux mêmes, ils ont compris que collaborer avec nous, a aussi un intérêt pour eux. Vous n’êtes pas sans savoir que notre public commence à monter en Afrique et en Europe. Ça veut dire qu’on a aussi atteint un niveau où les autres ont aussi besoin de nous.

Banlieuz’art en pleine interview au Jardin 02 Octobre

Que représentent tous ces contacts pour la musique urbaine guinéenne ?

Pour nous, c’est un nouveau départ pour la Guinée musicalement. C’est une grande ouverture pour la musique de chez nous. Nous allons continuer à faire des clips de tous ces sons. Et bientôt, nous avons un projet secret qui va étonner le monde.

Combien tout cela vous a coûté ?

On sent une évolution et on ne peut que remercier le peuple de Guinée, nos fans

Ces artistes ne nous ont rien demandé. Mais nos billets d’avions, faire des vidéos avec la qualité qu’il faut, ça demande beaucoup d’investissements. En ce moment, nous sommes à une période où on a vraiment besoin d’aides, de soutien des mécènes, des personnes de bonne volonté.  Si on arrive à réaliser ce qui est dans notre tête, ce n’est pas que Banlieuz’art qui gagne, mais la musique guinéenne, une ouverture pour le rouge, jaune, vert.

Êtes-vous satisfaits des résultats de l’album « Kounfayakoun Kalanké » ?

Bien sûr on est satisfait ! Ce qu’on a reçu est plus que ce qu’on attendait. Puisqu’on arrive à décrocher de grosses collaborations et des grandes tournées.

Comme on vous le disait, on a toujours besoin de soutien. On se démerde tout seul avec notre manager sans bailleur de fonds.

C’est quoi la suite ?

Nous avons une tournée internationale qu’on va entamer bientôt au bout de l’Europe. Cette fois-ci, c’est avec de vrais tourneurs.

C’est quoi le secret de votre réussite ?

(Rire) Le secret c’est le  travail, la passion de ce que nous faisons, la persévérance et surtout l’envie de vouloir aller de l’avant.

 Votre succès vous rappelle-t-il de vos débuts de galère dans la musique ?

Oui bien sûr ! Ce sont des images qui nous reviennent souvent en tête. C’est quand on voit qu’aujourd’hui, on est en train de remplir un stade et qu’hier on est en train d’essayer de remplir la salle du palais du peuple.  On sent une évolution et on ne peut que remercier le peuple de Guinée, nos fans.

C’est quoi le rêve le plus fou de Banlieuz’art ?

C’est de faire passer nos messages à travers nos musiques dans monde entier. on aimerait être écouté au Vietnam et un peu partout dans le monde.

Marcus, dit-nous, c’est quoi le défaut et la qualité de King Salaman ?

(Rire) Ce que j’ai en premier aimé chez lui, c’est ça vitesse d’exécution, c’est cette capacité d’improviser spontanément. Et ce que je n’aime pas  chez lui, c’est le fait qu’il vient en retard en studio.

King Salamon et toi ?

(MDR) Ce que j’aime chez Marcus, c’est son sens du partage, il a un sens de partage énorme, illimité ca comporte tout, argent, objet, un grand cœur. Et ce que je déteste chez Marcus, c’est qu’il est trop accessible, trop facile, il donne plus qu’il ne reçoit, il est trop souriant. Moi je suis le rebelle, on te dira toute de suite, le gars il ne sourit pas, il est méchant. Mais au fond, ce n’est pas ça.

Comment vous arrivez à gérer les moments de turbulence dans le groupe ?

King Salamon : c’est une question qu’il faut poser à Abdou, notre Manager. C’est son métier, la médiation. Il essaye toujours de joindre les deux bouts pour que tout marche. Je crois qu’entre eux et moi, les problèmes ont été toujours d’ordre professionnel. Donc, Abdou a toujours un moyen de  gérer les tensions pour que le boulot se fasse.

Rien ne dérange notre business

Marcus : Entre nous, ce qui prime c’est les objectifs qu’on a, ce n’est pas nos différends. Nos différends ce sont des choses qui sont normales, comme entre la dent et la langue. Mais après, ce qui prime c’est ce qu’on a envie d’avoir, ceux pour quoi on est dans la musique, ce qu’on veut obtenir. Donc, le linge sale on le lave en famille et puis, on passe quoi.

King Salam, tu veux aussi te marier, tu l’a déjà annoncé. Cela pourra t-il impacter ta musique?

Bhai! Vu que les deux se sont mariés (Marcus et le Manager Abdou) ça n’a rien changé. Je crois pas que c’est mon mariage qui va changer quelque chose. On a un système en place qu’on appelle le système Halma. Ce qui veut dire pour nous, que rien ne dérange notre business. C’est vrai bientôt je vais me marier, car j’ai su prendre exemple sur mes deux frères (Marcus et Abdou). Je crois que ça va aller et je pourrai assimiler le Mariage et la musique.

Un acapella pour finir

Merci et bonne chance à vous!

C’est nous qui vous remercions

Interview réalisée par Syta

www.afroguinee.com

 

 

 

 

 

About Fode Sita Camara

Journaliste reporter. Rédacteur en chef à ©Afroguinée Magazine, premier portail culturel et événementiel de Guinée-Conakry.

Check Also

Interview de Stephen Ibaaku de passage à Conakry !

Afroguinée © a tendu son micro au multi-instrumentiste sénégalais Stephen Ibaaku, figure montante de la …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *