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GUINEE – Pourquoi des maisons de distribution de disques ont fermé ?

Il y a une dizaine d’années, les maisons de distribution de disques se comptaient  par centaine à Conakry.  Aujourd’hui, c’est un fait rarissime. Les tuyaux disquaires du marché Madina ont disparu. Pourquoi ? Afroguinée Magazine vous relate son constat.

La piraterie, un mal commun

Des maisons de distribution et de production de disques en Guinée comme Amacif, Super Sélection, Gris Gris et  bien d’autres ont contribué efficacement à diffuser la musique Guinéenne. Oui, elles ont tous marqué leur époque ! Mais une question taraude les esprits. Celle de savoir pourquoi ces entreprises agréées, ont fini tous par fermer ? Les réponses semblent être connues de tous dont la plus perceptible reste cette question de piraterie.

L’expérience affiche que cette pratique de contrefaçon avait fini par appauvrir toutes ces maisons qui soutenaient en grande partie, les artistes guinéens. Puisqu’après le studio, ces chanteurs n’avaient pas le moindre souci de se trouver un preneur. Ce qui est contraire aux réalités d’aujourd’hui. Avec l’efflorescence de la haute technologie, il serait facile de piquer une chanson ou un album entier sur le net. Ce qui expose les œuvres artistiques à une perdition inquiétante. Du coup, les maisons de distribution ferment en Guinée puisqu’elles estiment qu’elles n’avaient aucun intérêt à dealer avec des artistes, si le lendemain de la dédicace des œuvres, on a d’autres moyens plus faciles à s’offrir banalement les mêmes produits.

Sur cette question de piraterie, le Bureau Guinéen du Droit d’Auteur (BGDA) interrogé par notre Rédaction, promet de nous décliner les réformes engagées à cet effet.

Démission des autorités

Face à la question de piraterie, si les artistes ont leur part de responsabilité, il est clair, que les autorités ont démissionné dans la protection des œuvres artistiques. Le BGDA est toujours aux aguets dans cette lutte mais inefficacement. Ce bureau Guinéen des droits d’auteur est dans une léthargie inexplicable.

La preuve : qui ne sait pas aujourd’hui, où on pirate des albums à Conakry ? Une pratique qui se fait à ciel ouvert, au su et au vu des autorités. Quel discrédit !

La galère des artistes

C’est un dommage collatéral ! Si les maisons de distribution ferment, il va s’en dire que les artistes trainent leur squelette de pauvreté. Aujourd’hui, les albums ne se vendent plus, mêmes ailleurs. Les plus connaisseurs migrent automatiquement vers les ventes en ligne autrement dites, sur des plateformes de téléchargement légal. Mais en ce qui concerne le cas guinéen, il y a problème. La plupart des œuvres n’impriment pas de la qualité. Si dans des albums, du début à la fin, on ne chante que des noms, comment ces œuvres vont-elles bénéficier d’une forte convoitise sur le net ? Du coup, certains sont obligés de trafiquer l’audience en payant des milliers de dollars à Youtube. Mais pour gagner quoi à la fin ? Les professionnels enseignent que le monde de la musique est devenu une véritable industrie où tout est organisé. Et pour être au top, il va falloir s’assujettir impérativement aux exigences professionnelles. Pire, le digital et le streaming ne sont pas encore d’actualité dans cette nébuleuse de la production artistique en Guinée. Tout est à revoir !

Syta pour Afroguinée

A propos Fode Sita Camara

Journaliste reporter. Rédacteur en chef à ©Afroguinée Magazine, premier portail culturel et événementiel de Guinée-Conakry.

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