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Le Musée de Boké se meurt à petit feu : le constat !

Patrimoine culturel et historique guinéen, le musée de la préfecture de Boké, créé vers 1878, est actuellement très vétuste. L’édifice très ridé sombre de jour en jour dans un état piteux et la conservation de sa collection qui témoigne des faits marquants de l’histoire profonde de la Guinée reste à désirer, a constaté notre reporter sur le terrain.

La vocation première de ce musée, est la collecte des œuvres historiques et leur conservation pour des besoins touristiques et d’enseignements des générations futures. Ce lieu très chargé d’histoire et d’œuvres d’art était un fortin jusqu’en 1971.  Avant l’indépendance de la Guinée, qui a été occupée par l’administration coloniale française, il a également servi de cadre à l’esclavage. Mais aujourd’hui, malgré sa valeur historique et son côté enseignement qu’il incarne, cet espace touristique semble être à l’abandon, sans aucun budget d’entretien.

Grâce au Doyen Mamadou Bailo Traoré, ancien retraité, conservateur de musée et sculpteur de profession, les pièces dudit musée sont souvent entretenues. Mais cela ne suffit guère. L’édifice qui sert de musée se compose d’un bâtiment de conservation des pièces, des cellules de tortures et d’un chemin des esclaves autrement appelé « la Route du non-retour » qui menait au port négrier ou « le point d’embarquement » des esclaves pour l’Amérique. Ce musée est d’ordre ethnographique, là-dedans, on y retrouve des œuvres d’art des premières ethnies qui ont peuplé Boké c’est-à-dire, les Bagas, les Nalous et les Landoumas. L’histoire de la Forêt Sacrée est aussi représentée non seulement par le Guènzé qui a remplacé le troc chez les Tomas mais aussi, par l’histoire des différentes initiations ethniques culturelles des peuples de la forêt. Le Bansondji qui rendait justice au groupe ethnique des Bagas. A cela s’ajoutent, les pierres sacrées, les fusils de guerre, le tam-tam et un tableau suspendu au mur sur lequel, figure le nom de tous les grands chefs qui ont dirigé la Guinée au temps colonial jusqu’après l’indépendance.

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Vu toute son importance citée plus haut, ce patrimoine historique qui retrace les balafres du temps colonial, peine à trouver des moyens pour son entretien. Seulement, en 2012 pendant les préparatifs des festivités du 54ème anniversaire de l’indépendance nationale, les autorités guinéennes avaient financé la réouverture du chemin des esclaves et ensuite, les Etats Unis d’Amérique à travers leur ambassade en Guinée, ont apporté une aide pour le toilettage et le remplacement de la toiture du musée. « Nous sommes en manque de budget pour l’entretien de ce musée. C’est l’argent des visiteurs qu’on utilise pour les besoins. Mais ce n’est pas suffisant », a témoigné le jeune Koundouno François, animateur culturel au dit musée.

Au-delà de son aspect historique, l’endroit est aussi un lieu d’apprentissage de la sculpture, des œuvres d’arts et sert également au perfectionnement et à la préparation des thèmes de mémoire des étudiants de l’Institut des Beaux-Arts de Dubréka.

« Un musée n’est pas un dépotoir des vieux masques ou des vielles pièces », a déploré le doyen TRAORE avant d’ajouter que les autorités éducatives du pays doivent introduire dans les grilles de programme de l’institut des Beaux-Arts de Dubréka, des cours de la collecte, de la conservation, de l’enregistrement des objets, de codage des pièces et leur historique.

Le musée de Boké comme bien d’autres édifices publics et patrimoine historique guinéens, souffre de manque d’entretien et de valorisation véritable. Un constat peu reluisant pour le pays.

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Fodé Sita CAMARA, notre envoyé spécial à Boké

www.afroguinee.com

A propos Aboubacar

Journaliste et animateur radio. Directeur de la Publication du Groupe ©Afroguinée Magazine, premier portail culturel et événementiel de Guinée-Conakry.

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