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Le panier de la ménagère paie le prix fort de la crise sociopolitique guinéenne (SYNTHESE)

Le Mouvement social guinéen, composé de la société civile et des 8 centrales syndicales du pays, vient de tirer la sonnette d’alarme sur les conséquences de la crise sociopolitique qui sévit en Guinée, affectant les ménages dans leur vie de tous les jours, avec une cherté des prix à laquelle ils ont du mal à faire face.

Dans une déclaration publiée à la veille de la marche de l’opposition prévue pour jeudi, le Mouvement social plaint le sort des populations à cause de la « dégradation de leurs conditions de vie », une conséquence de « la dépréciation continue du climat politique dans le pays ».

Tout en exhortant les parties prenantes au processus électoral au dialogue, le Mouvement social dit « regretter que les avancées obtenues se dégradent depuis la publication du décret convoquant le corps électoral pour le 30 juin 2013 ».

Ce qui du coup « retourne le pays à la reprise des manifestations et à la logique de confrontation », estime le Mouvement social.

Dans ce climat empreint de tension, c’est le panier de la ménagère qui paie le prix fort. Un tour dans les marchés de la capitale permet de mesurer cet état de fait.

Le prix du riz, denrée de base des populations, importé du Bangladesh, se vend à 5 500 francs guinéens soit près de 50 centimes d’euro, le kilogramme. Ce qui fait près de 250 mille francs guinéens, soit 25 euros le sac de 50 kilogrammes.

Le sac de 50 kilogrammes de riz étuvé, appelé communément « riz du pays », se dispute à près de 300 mille francs guinéens soit 30 euros, le kilogramme étant vendu entre 6 000 et 6 500 francs guinéens.

Ce type de riz cultivé dans les rizières guinéennes ou sur le flanc des montagnes est consommé par des familles dont le revenu est un peu consistant.

Les maigres bourses se contentent du riz importé d’Asie. Comme Abdoul Karim, tâcheron dans une fabrique de plastique et chef de famille. « A la maison nous consommons le riz des magasins dont le coût est moindre que le riz de chez nous, qui coûte un peu cher ».

Pour ce quadragénaire, rencontré au quartier Kipé, dans la banlieue de Conakry par un reporter de Xinhua, la cherté des prix des denrées complique la donne pour les ménages. Au lieu de trois repas par jour, nombreuses sont les familles qui aujourd’hui assurent à peine deux repas. Sinon, les gens se contentent de manger une seule fois, faute de moyens, selon lui.

La cherté des prix concerne aussi les produits halieutiques, notamment le poisson, dont le carton de 50 kilogrammes a atteint la barre 500 mille francs guinéens, environ 50 euros. Alors qu’il se vendait jusqu’à une période récente à 300 mille francs guinéens soit 30 euros.

Le kilogramme de viande se vend lui à 32 mille francs guinéens soit 3 euros.

Le prix de la pomme de terre est quant à lui stable depuis un certain temps, avec 6 mille francs guinéens le kilogramme.

C’est le même cas pour les produits oléagineux, dont l’huile de palme vendu à 10 mille francs guinéens soit 1 euro. Alors que le litre d’huile d’arachide se négocie à 12 mille francs guinéens, environ 1,2 euros.

Cette volatilité des prix sur les marchés des biens et service s’expliquerait en partie par la crise sociopolitique que traverse la Guinée. Une situation ayant limité en quelque sorte le volume des transactions commerciales, commente un opérateur économique qui a requis l’anonymat.

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A propos Aboubacar

Journaliste et animateur radio. Directeur de la Publication du Groupe ©Afroguinée Magazine, premier portail culturel et événementiel de Guinée-Conakry.

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