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Musique : Sékouba Bambino en chute libre ?

Sékouba Bambino, l’une des plus belles voix de la chanson mandingue,  est en perte de vitesse. Pour cause, le chanteur guinéen est devenu très très rare sur les grands podiums musicaux du monde.

Après ses somptueux albums  »Kassa » (1996) et  »Sininkan  » (2002) à visée internationale produits par la maison Syllart , l’on a l’impression que sa carrière solo a pris un frein irréversible. Depuis près de 10 ans , le chanteur guinéen s’est très écarté de la qualité musicale pure tradition mandingue qui faisait fredonner ses fans ouest-africain et ceux du reste du monde.

Ces derniers temps , Sékouba Bambino semble opter pour de la variété dans ses différentes productions discographiques et c’est toujours pas le top de l’essence culturelle mandingue que recherchent ses inconditionnels des premières heures qu’il a su brillamment fédérer avec l’immense expérience tirée du Bembeya Jazz. Cela se fait éloquemment remarqué dans ses derniers albums dont la texture musicale passe d’une mixture de sonorités aux riffs de guitares dérivées à la rumba , de l’afro zouk , de l’afro salsa et surtout de nombreuses chansons à louanges ( dédicace aux bienfaiteurs) comme il en sait bien le faire avec son statut de griot.

Même si quelque fois des titres sont très bien réussis comme Sinontena ( Innovation 2012 , Syllart ) ou encore Ayemii ( Ma Guinée 2011 , Syllart ) , le disque quand à lui, a du mal à s’imposer sur le plan international et les dates de concerts ne suivent pas. De  2002 à 2004 , Sékouba Bambino comptabilise à son actif  7 albums solo sans compter qu’il est présent, depuis 1997 , sur les meilleurs disques du groupe  Africando (Gombo Salsa (1997) , Baloba (1998), Betece (2000) Martina 2006 , Ketukuba , Viva Africando  (2013 ), Syllart ). Un background artistique qui , normalement , devrait faire de lui, un des artistes africains incontournables des scènes de musiques du monde.

Mais aujourd’hui, en matière de tournée, Bambino en solo se cherche toujours , ses dates de concerts sont devenues quasi inexistantes dans l’Héxagone même dans les grands festivals en France et un peu partout en Europe. Un souci de booking ? Absence de tourneurs ? Absence de management ou d’adaptation ? Autant de questions que l’on est à mesure de se poser dans le milieu culturel guinéen. Ce qui est sûr , l’auteur du tube Famou est en ce moment confronté à un sérieux manque de visibilité sur le plan international.

Certes, comparaison n’est pas raison , mais dans ce registre de musique mandingue, des artistes comme Salif Keita, Oumou Sangaré , Habib Koité , Maciré Sylla , Sally Nyolo , Rokia Traoré ou encore Toumani Dioubaté pour ne citer que ceux , s’arrachent des mains des tourneurs et autres diffuseurs de spectacles. Et leurs derniers tubes raisonnent en boucle dans bien d’oreilles musicales. Et ce, malgré les rouages de l’industrie où la musique mandingue pure est de nos jours assez bien diffusée.

Les dernières apparitions de Sékoumba Bambino remontent en juin 2011 au Concert  » Nuits Africaines au Stade de France » en compagnies de nombreux autres artistes africains ainsi qu’en octobre 2013 comme invité guest de Youssou N’Dour pour la 11 ème édition du  » Grand Bal de Bercy ». Par contre, une affiche 100%100  Sékouba Bambino à Paris est devenue un fait rarissime depuis des lustres.

Alors à quand le retour du griot de Siguiri avec sa horde mandingue au New Morning , au Cabaret Sauvage, dans une salle mythique de France  ou sur le continent ? Fort de  24 années de carrière , il est temps que Sékouba Bambino , ambassadeur de la musique guinéenne, repart à la conquête de la culture de l’universel.

Aboubacar M. CAMARA
www.afroguinee.com

A propos Aboubacar

Journaliste et animateur radio. Directeur de la Publication du Groupe ©Afroguinée Magazine, premier portail culturel et événementiel de Guinée-Conakry.

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