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On y était : Lauryn Hill au Zénith de Paris

Hier soir, l’ex-Fugees faisait une escale dans sa tournée mondiale pour un concert unique et émouvant. On y était, on vous raconte.

On avait l’embarras du choix hier soir à Paris, et c’est à l’ombre du concert de Jay Z et Beyoncé au Stade de France que la divine Lauryn Hill est venue poser ses lyrics dans une salle impatiente de contempler l’idole d’une certaine jeunesse. Et même si la salle n’était pas tout à fait complète – on voyait de-ci de-là des fauteuils vides – les gens ne se sont pas arrêter aux histoires qui courent sur la chanteuse bientôt quadragénaire. Hystérique sur scène pour certains, son retour prenait des aspects d’obligations financières au regard de ses soucis avec le fisc américain.Trois mois de prison pour fraude en 2013 et le port du survêtement orange vous change une femme. Cette fois-ci pour le meilleur.

A l’approche du Zénith, on palpe d’abord l’excitation et certains courent pendant que d’autres fument des clopes en gloussant sur le plaisir jubilatoire de voir une star si rare en concert. Son unique album studio – écoulé à plus de 18 millions de copies – a marqué une génération, et ce sont ces ados de 1998 qu’on aperçoit dans la file, des trentenaires hip-hop en tenues cools, qui ont appris une chose au moins ce soir : la patience. L’heure de retard se passe sous le signe des classiques du hip-hop poussés par un DJ de qualité supérieure (pass-pass et scratchs à gogo) qui donnent au Zénith des airs de bloc party familiale. Le public accroche et joue le jeu. Alors quant à 22h15 (oui, c’est tard), les musiciens arrivent enfin sur scène avec les choristes et qu’après une longue intro on aperçoit enfin Ms Hill, c’est la clameur et le soulagement.

Grandiose, veste chic et jupe classe

Sur scène elle arrive grandiose, veste chic et jupe classe, petit chapeau noir vissé sur la tête et, parcourue de mouvements électriques, pose sa voix au micro pour entamer une reprise musclée de Soul Rebel qu’elle enchaîne avec Everything Is Everything. Oubliez les rythmes à la cool de l’album, les morceaux du soir sont taillées pour faire vibrer les murs : le public d’abord surpris s’accommode bien des nouvelles orchestrations et se lève pour danser et entonner avec Lauryn Hill des paroles mille fois entendues. L’Américaine déborde d’énergie, et profite des premières minutes pour recadrer musiciens et techniciens à coup de signes de mains. Elle les dirige avec fermeté, organise les breaks, les montées et les descentes et quand on voit ses regards pour eux, on se demande si elle a envie de les embrasser ou de les buter. Les deux ? Elle déroule ensuite ses morceaux (Killing Me Sofly, Ex-Factor…) avec une vitesse et une présence incroyables. Retraitée du Game, Lauryn fait son jubilé en balançant un flow impeccable.

Quarante minutes se sont écoulées, la salle se plonge dans le noir et c’est guitare en main qu’elle revient pour un set acoustique. Ici pas de trémolos, et Lauryn pose sa voix simple et juste sur des airs impeccables : on s’assoit et on admire. Ca pouvait durer plus longtemps. Quand son groupe réinvestit la scène, c’est un peu assommés qu’on revient à des tempos plus rapides. Ms Hill a l’air sereine, plus détendue qu’en début de concert, un exercice qu’elle a peu pratiqué ses dernières années. Elle reprend ses pas de danse, et se lance dans un moment Fugees avec Ready Or Not, Fu-Gee-La, et Killing Me Softly : que tout le monde se rassure, elle est toujours parmi les meilleurs rappeuses en exercice.

La suite sous le signe de Bob Marley 

La suite est dédiée à l’univers Marley avec des tubes du maître qui mettent tout le monde d’accord (Jammin’ notamment) malgré la relative longueur de l’exercice : tout à son concert, heureuse d’être sur scène (elle s’est payé un bain de foule en sortant), la fille de South Orange n’a pas oublié qu’elle n’a qu’un album au compteur et que pour satisfaire il faut tenir au moins une heure trente. C’est avec Doo Wop (That Thing) qu’elle referme la parenthèse d’un concert parisien qui faire taire un peu la mauvaise réputation qui l’entoure.

16 ans et quelques déboires après Miseducation, Lauryn Hill semble prendre du plaisir à chanter de nouveau devant un public qui attend toujours son second album. Pas sûr qu’elle retrouve un jour le chemin du studio, même si personne ne doute de son talent musical et de son influence, à commencer par Beyoncé qui reprenait le même soir son tube Ex-Factor devant 70 000 personnes au Stade de France.

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A propos Aboubacar

Journaliste et animateur radio. Directeur de la Publication du Groupe ©Afroguinée Magazine, premier portail culturel et événementiel de Guinée-Conakry.

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