[Vidéo]: découvrez l’hymne national de Guinée en version balafon

Fode Sita Camara 23 novembre 2017 0
[Vidéo]: découvrez l’hymne national de Guinée en version balafon




Les Héritiers du Mandingue ont intelligemment repris l’Hymne National de Guinée à travers le Balafon, un instrument séculaire de musique traditionnelle africaine.

L’origine du Balafon

L’origine des instruments mandingues est très mal connue et celle du balafon remonterait au XIIème siècle. A cette époque, l’ouest africain est divisé en royaume assez vastes dont les apogées se succèdent. C’est vers 1150 que naît l’empire mandingue. Le roi de cette province Mare Nagan Konaté a deux fils : Soundiata Keita né vers 1190 d’une union avec Sologon Kedjou et Dankaran Touman né quelques années plus tard d’une union avec Sassouma Bérété. L’histoire de Soundiata est très connu mais également très romancée (voir « Soundiata, L’épopée du Mandingue par DT Niane« ). Privé de son destin royal par son jeune frère Dankaran, il part en exil avec sa mère et ses 2 soeurs ainsi qu’avec son griot Bala Faseke Kouyaté, lui même fils de l’ancien djeli de Mare Nagan Konaté.

Les liens entre le mandingue et l’empire Sosso de Kaniaga se dégradent durant le court règne de Dankaran Touman. Depuis 1203, c’est Soumaoro Kanté qui est le roi du royaume de Kaniaga. C’est un chef belliqueux qui était au départ un vassal du royaume de Wagadou qu’il a fini par conquérir entièrement. Il désire étendre son royaume au nord et annexer le mandingue. Afin d’éviter la guerre avec Soumaoro, Dankaran tente une approche diplomatique par la voix de Bala Faseke Kouyaté qui est fait prisonnier. Lors de sa captivité, Bala Faseké aurait alors pu voir Soumaoro jouer d’un instrument inconnu : le balafon. Selon la tradition orale, Soumaoro aurait obtenu cet instrument par des petits génies qu’on appelle les Dondoris. Certains disent que ce balafon était magique et c’est pourquoi Soumaoro l’aurait jalousement gardé, interdisant quiconque de s’en servir.

La guerre éclate finalement et de nombreuses batailles font rage. Dankaran ne semble pas pouvoir gérer la situation. Et c’est finalement Soundiata Keita qui prend les choses en main. Grâce à ses talents d’orateur et de stratège, il fédère les dissidents de Wagadou, Mema et les tribus rebelles de la région. En 1235, après de nombreuses batailles gagnées, la bataille de Kirina (également connue sous le nom de Krina) est décisive : ils battent Soumaoro et Soundiata Keita est alors proclamé Mansa (empereur) du royaume du Mali. Avec cette défaite de Soumaoro, Bala Fasseké récupère le balafon magique de Soumaoro et l’utilise pour chanter les louanges de Soudiata et l’empire mandingue. Bala Fasséké devient alors le premier griot joueur de balafon. Il transmettra ce savoir à toute la lignée des Kouyatés.

Les premiers balafons ont été rapportés par Ibn Battuta en 1352.

Qu’est ce que le balafon ?

Le balafon ou plus correctement le « bala » est une percussion de type idiophone (instrument dont les sons sont produits à l’impact, sans membrane permettant la résonance) jouée surtout au Mali, Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et dans les pays mandingues en général. Le mot balafon vient du malinké : bala désignant l’instrument et fon signifiant : jouer, faire chanter. Ainsi, il est plus correct d’appeler cet instrument un « bala ». Les personnes qui en jouent sont appelés balafolas.

Couramment décrit comme un xylophone (xylo : bois et phone : son), c’est un instrument composé de 10 à 25 lames de bois de goni (bois de balafon) plus ou moins épaisses et de taille croissance. Ces lames correspondent chacune à une note et sont frappées à l’aide de mailloches (bâtons surmontés d’une pâte). Les mailloches sont formées d’une baguette sur laquelle on enroule une bande de caoutchouc (relativement souple). Le poids des mailloches n’est généralement pas équivalent et la mailloche pour jouer les notes graves est plus grande et plus lourde que celle pour jouer les aigus. On peut tenir la baguette soit à pleine main (comme une baguette de batterie), soit entre l’index et le majeur (traditionnel).

Les grands maîtres sont également capables de jouer avec 2 baguettes (entre pouce et index ainsi qu’entre index et majeur). Il faut faire très attention à ne pas laisser vos baguettes traîner au soleil ou à l’humidité. En effet, elles sont généralement très sensibles à la température (elles « fondent ») et toute déformation est un peu irréversible donc la sensation de jeu sera moins bonne.L’ensemble est structuré sur un chevalet en bois ou en bambou sous lequel on place des calebasses creuses. Ces dernières servent de caisse de résonance et sont percées de 2 à 3 trous sur lesquels on applique du papier à cigarette (anciennement de la peau de serpent, des ailes de chauves souris ou des toiles d’araignées). Ce papier de cigarette produit un grésillement très subtil qui donne toute son âme au balafon. Cet effet est décrit par certains comme l’effet « mirliton » en référence à un petit instrument populaire. Le tout est maintenu par des cordes faites de lanières de peau de chèvre.

Il existe deux grands types de balafon qui peuvent être distinguées par la taille de leurs lames et de leurs calebasses. Il existe un balafon à grosses calebasses, appelé par certains balaba (gros bala) et un bala à petite calebasses, parfois décrit comme le balanin (petit bala). Le balaba est généralement joué seul et accompagné de petits instruments (crécelles ou djabara, sékérés et même des chants des femmes). A l’inverse, le balanin est joué dans un ensemble de 2 balanins et 2 tambours calebasse. (Source: Amazon.fr)

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