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Jeanne Macauley : « Je suis déçue du peuple guinéen»


Pionnière de la vie artistique guinéenne  après les indépendances, Jeanne Macauley fut l’une des pièces maîtresses de la célèbre compagnie de danse et de percussions traditionnelles, « Les BALLETS AFRICAINS DE GUINÉE », qui a été créés dans les années 1950 sous la fougue de Fodéba Keïta. Une troupe artistique exceptionnelle dont la nation guinéenne reste encore fière surtout de ses ses œuvres qui transcendent le temps et les contrées du monde.

Ayant pris sa retraite avec l’âge , la pionnière Jeane Macauley qui a été  autrefois sous les feux des projecteurs à travers le monde, vit aujourd’hui presqu’au bord de la misère. Cette grande dame de la vie artistique africaine va mal, elle se dit  »sidérée, frustrée et déçue’‘ de son pays , la Guinée, pour qui, elle a tout donner pour vendre une identité culturelle à travers l’art , la danse traditionnelle et le théâtre.

©Afroguinée Magazine, est allé à sa rencontre ce vendredi 20 février, au Jardin 02 Octobre de Conakry dont elle est la fondatrice avec Mme Hadja André Touré, Ex-première Dame de la république de Guinée.

Lisez sa réaction….

« La Guinée, au lieu de me traiter, elle me retraite. Moi qui ai contribué au paiement des fonctionnaires guinéens, des pèlerins, les orchestres, à l’achat des équipements pour les footballeurs. Parce que quand on jouait à l’étranger, tout l’argent était versé à la banque au compte du peuple. Et me voilà ici aujourd’hui dans la misère. Tous ceux qui sont au pouvoir, savent que je suis ici dans ce Jardin 02 Octobre. Ils font leurs conférences ici. Je suis tellement déçue et découragée que j’envie d’aller rester à l’extérieur. Mais comme j’aime mon pays, c’est pourquoi je ne peux aller nulle part. Sinon les blancs avaient tout fait pour que je reste chez eux. Malgré tout, je resterai toujours au service de mon pays.

J’ai beaucoup fait pour mon pays et personne ne me récompense aujourd’hui, pas de remerciement, je suis abandonnée à moi-même. C’est choquant vraiment ! Vraiment !

Je travaille ici à Conakry, mais je dors à l’île de los, le Fotoba derrière Kassa, je suis obligée chaque matin de prendre une barque, ou un petit bateau pour arriver en plein centre de la capitale. J’ai marché fatiguée, écrit fatiguée, j’ai demandé fatiguée à l’Etat de m’aider au moins, à avoir un logement à Conakry ici, mais, il n y a pas eu de réponse. Rien !

Je suis déçue du peuple guinéen. Quand on me voit passer, tout le monde cri, oh ! Mama Jeanne Macauley, l’artiste du peuple ! La femme de fer ! On se limite là-bas, personne ne vient au secours. Quelques fois même, quand je tombe en panne sur la route, ou en crise d’essence, tout le monde vient me dépasser. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire….mais je suis vraiment déçue.

Autre problème. Je passe tout mon temps dans ce jardin et à l’hivernage, on est envahie par l’eau et mes instruments sont finis par se gâter. Je n’ai pas où les gardé si ce n’est pas ici ».

A noter, que Jeanne Macauley est mère de deux enfants et est présentement Conseillère Technique des nouveaux Ballets Africains de Guinée, après la mort de tous ses compagnons de lutte sauf trois (3) qui sont aussi dans la même vie de détresse qu’elle. Il s’agit de M. Hamidou Bangoura, qui est actuel directeur général du groupe et Mama Nana Cissé.

Malgré son âge, et cette situation de précarité qu’elle vit actuellement, Jeanne Macauley reste toujours une passionnée de la danse et de la percussion africaine de Guinée.

Pour être encore plus utile à la nation guinéenne, elle sollicite un soutien financier de la part du peuple et surtout de l’Etat guinéen afin de pouvoir transmettre son savoir-faire et sa mémoire artistique aux futures générations.

Fodé Sita Camara, notre correspondant basé à Conakry

www.afroguinee.com

A propos Aboubacar

Journaliste et animateur radio. Directeur de Publication de ©Afroguinée Magazine, premier portail culturel et événementiel de Guinée-Conakry.

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