David Tayorault célèbre ses 40 ans de carrière avec un album justement intitulé 40, sorti le 25 décembre 2025. Un opus de 14 titres en forme de bilan, qui fourmille de références à la vie et l’œuvre de l’arrangeur et producteur le plus célèbre et le plus prolifique de Côte d’Ivoire.
À voir ses traits juvéniles, on a peine à croire que David Tayorault, dit « Totorino le Samouraï », règne sur la musique ivoirienne depuis 40 ans. Cette longue carrière, il l’a entamée en 1985, à 17 ans à peine, comme batteur au sein du groupe Woya, créé dans la ville de Divo (ouest) par François Konian, le directeur de Société Ivoirienne de l’Industrie du Son (SIIS) et pionnier de l’industrie musicale ivoirienne, et par l’arrangeur Marcellin Yacé. « Woya a été un précurseur, et a remporté un immense succès », salue Cédric Kouamé, qui dirige à Abidjan le centre d’archives de vinyles et cassettes Baoulecore. « C’était le premier groupe à avoir fait carton plein au Palais de la Culture, à vendre des tickets à 10 000 francs CFA… »
Le groupe a été fondé en 1984, mais c’est l’année suivante qu’est sorti son premier album, Kacou Ananzê, venu « redéfinir les codes de la nouvelle musique urbaine ivoirienne », affirme David Tayorault depuis la table d’enregistrement de son studio de Cocody où il compose, joue et chante. « Nous sommes venus avec une nouvelle manière de faire de la musique, se souvient-il. Nous étions tous jeunes et très influencés par ce qui venait de l’extérieur. »
Woya, précurseur de la musique urbaine ivoirienne
Les influences commencent par les États-Unis avec le groupe funk Kool And The Gang, mais aussi par la Guadeloupe, avec le précurseur du zouk Kassav’ qui a fait le pont entre les Antilles et le continent africain. L’un des titres de l’album 40, « Lélé Éh Lélé », est d’ailleurs sous-titré « Hommage à Jacob F. Desvarieux », le cofondateur de Kassav’. « Avec Kacou Ananzê, on a permis à la musique ivoirienne de s’ouvrir sur ce qui se passe à l’extérieur, insiste David Tayorault. C’est pour ça que cet album est iconique. À partir de là, la musique de beaucoup d’artistes ivoiriens a changé, ils sont entrés dans notre sillage. » Aussi l’album 40 rend-il hommage au groupe Woya, avec un morceau justement appelé « Woya Esprit », qui « fait revivre l’ambiance du siècle dernier », s’amuse David Tayorault.
On retrouve aussi dans cet album éclectique les influences personnelles de l’artiste : le makossa camerounais, le jazz afro-américain, les rythmes d’Amérique latine… Les 14 titres « partent dans tous les sens », plaisante David Tayorault, qui reconnaît « [s]’ennuyer très vite dès qu’on [l]’enferme dans un style musical défini ». À ses débuts, Woya accompagnait en effet d’autres artistes sur scène, et devait son succès à sa plasticité. « En tant qu’arrangeur, c’est ce qui me permet d’être à l’aise avec n’importe quelle musique, souligne David Tayorault. À l’époque, on jouait dans des bals, des cérémonies, des galas… On était obligés d’ambiancer le public qui était là, comme une discothèque, et donc de passer d’un genre musical à l’autre ! C’est ce qui a forgé ma culture musicale. »
Le premier album solo de David Tayorault, « Miziki », sort en 1991, et donne son nom au dernier morceau de l’album-bilan 40. Depuis les années 1990, s’il ne cesse jamais de sortir ses propres albums, « Totorino le Samouraï » s’investit en parallèle dans l’arrangement et s’impose comme le faiseur de hits le plus emblématique de Côte d’Ivoire, tous genres confondus. C’est à lui qu’on doit le tube de zouglou « Premier Gaou » de Magic System, « Abidjan la Joie » des précurseurs du coupé-décalé Dream Team… Des titres emblématiques qu’il fait découvrir aux jeunes générations sur son compte TikTok, 185 000 followers, dans une série de vidéos sous-titrées « Retro Totorinades ».
On retrouve aussi dans cet album éclectique les influences personnelles de l’artiste : le makossa camerounais, le jazz afro-américain, les rythmes d’Amérique latine… Les 14 titres « partent dans tous les sens », plaisante David Tayorault, qui reconnaît « [s]’ennuyer très vite dès qu’on [l]’enferme dans un style musical défini ». À ses débuts, Woya accompagnait en effet d’autres artistes sur scène, et devait son succès à sa plasticité. « En tant qu’arrangeur, c’est ce qui me permet d’être à l’aise avec n’importe quelle musique, souligne David Tayorault. À l’époque, on jouait dans des bals, des cérémonies, des galas… On était obligés d’ambiancer le public qui était là, comme une discothèque, et donc de passer d’un genre musical à l’autre ! C’est ce qui a forgé ma culture musicale. »
Le premier album solo de David Tayorault, « Miziki », sort en 1991, et donne son nom au dernier morceau de l’album-bilan 40. Depuis les années 1990, s’il ne cesse jamais de sortir ses propres albums, « Totorino le Samouraï » s’investit en parallèle dans l’arrangement et s’impose comme le faiseur de hits le plus emblématique de Côte d’Ivoire, tous genres confondus. C’est à lui qu’on doit le tube de zouglou « Premier Gaou » de Magic System, « Abidjan la Joie » des précurseurs du coupé-décalé Dream Team… Des titres emblématiques qu’il fait découvrir aux jeunes générations sur son compte TikTok, 185 000 followers, dans une série de vidéos sous-titrées « Retro Totorinades ».
40 : un album collaboratif, polyglotte et tourné vers l’avenir
Mais 40 sera aussi l’album de la rupture, pour « entamer les prochaines décennies », promet l’artiste qui refuse de se laisser enfermer dans la nostalgie et s’attaque, par exemple, à l’amapiano sur « Ouwounwin ». Il insiste : cet album est le fruit d’un travail collaboratif. « David Tayorault, ce n’est que la partie émergée de l’album. En-dessous, il y a du monde qui travaille pour que les choses avancent. » Musiciens, compositeurs, paroliers… « Je n’ai arrangé qu’un quart des titres de l’album, explique David Tayorault. Quand je travaille sur mes propres morceaux, je préfère me tenir en retrait, pour voir ce que les autres peuvent apporter. »
C’est aussi grâce à ces collaborations qu’il est parvenu à mettre sur pied un album polyglotte, avec en plus du français, de l’avikam – sa langue maternelle – et du dida – sa langue paternelle –, des morceaux en douala, la langue du makossa, en lingala, ainsi que d’autres dialectes ivoiriens, comme le bété ou le godié. « C’est un album qui rassemble », résume-t-il.
L’opus précédent remontait à 2022. Un délai de trois ans plus court que d’habitude, pour un artiste qui revendique le droit de prendre son temps. « Pour moi, un album doit être presque parfait, irréprochable, pour les générations après nous, martèle-t-il. Il faut que nos petits-enfants se disent « Wow, mon grand-père a fait quelque chose de fabuleux ! » Je ne suis pas assujetti à l’impératif de sortir un album tous les ans ou tous les deux ans, ça ne m’intéresse pas. Un album, c’est éternel. »
David Tayorault 40 (HVN Prod) 2025
RFI Musique
Afroguinée Magazine | Premier site culturel de Guinée News – Culture – Afropeople :: Le plus grand portail culturel et événementiel de la Guinée et de sa Diaspora