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Meurtre de Tupac : le suspect Keffe D échoue à faire exclure des preuves

© Steve MARCUS-Pool/Getty Images

Duane « Keffe D » Davis, accusé d’avoir orchestré l’assassinat de Tupac Shakur en 1996, vient de perdre une bataille judiciaire cruciale. Un juge a rejeté sa demande de suppression de preuves obtenues lors d’une perquisition nocturne. Son procès est prévu en août.

L’homme inculpé pour meurtre dans le cadre de l’assassinat de la légende du hip-hop Tupac Shakur en 1996 a échoué à faire exclure des preuves clés, qu’il estimait obtenues lors d’une perquisition nocturne illégale. Un juge a rejeté sa demande lors d’une audience mardi, comme le confirme une source judiciaire à Rolling Stone.

Duane « Keffe D » Davis et ses avocats, William Brown et Robert Draskovich, soutenaient dans leurs conclusions que les enquêteurs avaient dressé un « portrait trompeur » de Davis dans la demande de mandat de perquisition présentée au juge d’instruction. Selon eux, l’affidavit décrivait injustement Davis comme un trafiquant de stupéfiants potentiellement armé et dangereux, susceptible de provoquer un face-à-face avec la police et de mettre ses voisins en danger.

La défense faisait valoir, dans des documents consultés par Rolling Stone, que Davis était un grand-père à la retraite, rescapé d’un cancer, qui avait « coopéré poliment » lorsqu’un inspecteur s’était présenté à sa porte en plein jour avant la perquisition de juillet 2023 et son arrestation en septembre 2023. À l’époque, Davis menait une vie tranquille avec sa femme dans une banlieue de Las Vegas et avait simplement demandé à consulter un avocat avant de répondre aux questions.

Un portrait contesté par la défense

Les avocats affirmaient que la police avait procédé à des « omissions stratégiques » en présentant Davis comme un « récidiviste plusieurs fois condamné » avec une interpellation pour port d’arme, sans préciser que ses condamnations pour trafic de drogue remontaient à 25 ans et que son interpellation pour port d’arme, huit ans plus tôt, n’avait débouché sur aucune condamnation. Selon eux, Davis avait quitté le milieu de la drogue en 2008 et travaillé ensuite pendant dix ans comme inspecteur dans une raffinerie de pétrole. Le portrait présenté pour obtenir le mandat « ne ressemblait guère à la réalité », plaidaient-ils.

Dans la demande de mandat, dont des extraits figurent dans les pièces du dossier consultées par Rolling Stone, l’inspecteur Clifford Mogg de la police métropolitaine de Las Vegas expliquait que les agents souhaitaient perquisitionner le domicile de Davis de nuit parce que « l’obscurité permettrait aux forces de l’ordre d’encercler et de sécuriser la résidence ». Il ajoutait que si Davis ou d’autres occupants tentaient de « se barricader », la nuit permettrait d’évacuer les maisons voisines « en exposant le moins possible les résidents ». Davis et ses avocats rétorquaient que cet argument sécuritaire ne tenait pas, les voisins étant plus susceptibles d’être chez eux la nuit.

Un grand-père ou un commanditaire ?

Davis, 62 ans, a plaidé non coupable d’un chef d’accusation de meurtre. Il est détenu sans possibilité de libération sous caution au centre de détention du comté de Clark. L’accusation affirme qu’il a orchestré l’assassinat de Shakur par fusillade depuis un véhicule en marche et qu’il a fourni le Glock calibre .40 qui a également blessé Suge Knight, cofondateur de Death Row Records, au volant ce soir-là sur le Strip de Las Vegas. Selon les autorités, l’attaque visait à venger une bagarre entre Shakur et Orlando Anderson survenue quelques heures plus tôt dans un casino, le 6 septembre 1996.

Dans ses mémoires publiés en 2019, Davis retraçait son ascension au sein des South Side Crips et reconnaissait avoir signé un accord de coopération avec les autorités fédérales dans le cadre d’une affaire de drogue à Los Angeles. Lors d’un interrogatoire en 2008, il avait affirmé que Sean Combs, fondateur de Bad Boy Records, avait offert un million de dollars pour faire éliminer Knight et Shakur, en pleine guerre des labels. (Combs a toujours nié catégoriquement cette accusation.) Davis déclarait qu’un associé nommé Eric « Zip » Martin avait fourni l’arme, qu’il avait ensuite transmise sur la banquette arrière d’une Cadillac de location, où Anderson l’aurait utilisée pour ouvrir le feu. Davis affirmait n’avoir jamais reçu d’argent.

Des aveux ou du spectacle ?

L’accusation considère les mémoires et les interviews de Davis comme des preuves accablantes. La défense soutient le contraire : de pures mises en scène. Ses avocats qualifiaient ces déclarations de « divertissement » destiné à générer du profit. Ils comparaient la fascination du public pour la mort de Tupac à celle entourant l’assassinat de John F. Kennedy, estimant qu’il était facile de comprendre pourquoi quelqu’un pourrait se placer au centre de l’histoire pour en tirer un bénéfice personnel.

Anderson avait nié toute implication dans la fusillade avant d’être tué en 1998, à 23 ans, à Compton. La police n’a jamais retrouvé l’arme du crime présumée. Davis avait déjà échoué dans une tentative de faire abandonner les poursuites. Son procès, repoussé à plusieurs reprises, est fixé au 10 août.

Source : RollingStone.fr

A propos Aboubacar

Journaliste et animateur radio. Directeur de Publication de ©Afroguinée Magazine, premier portail culturel et événementiel de Guinée-Conakry.

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