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Interview : Abraham Sonty nous fait des révélations sans tabou !

Abraham Sonty

Le chanteur Koundouwaka est connu pour son franc-parler et sa musique sans tabou, notre rédaction a rencontré la star guinéenne pour un entretien sans filtre. Lisez plutôt !

Bonjour Sonty, comment ça roule ?

Koundouwaka : Bonjour mon frère, ça va Dieu Merci !

Le ciel de Conakry n’est pas clément avec l’hivernage, pluie après pluie. Comment ressemblent tes journées s’il pleut sans cesse ?

Quand il pleut, j’aime trop dormir. Mais tu sais, à Conakry la pluie ne gâte pas les programmes, en tout cas pas celui de Koundouwaka. Nous sommes dans une région où il pleut trop donc tu vois…

Depuis le début de ta carrière musicale, il parait que tu abordes souvent des thèmes sur la sexualité. Pourquoi ce choix ?

Perso, je n’ai jamais abordé des thèmes sur la sexualité. Les gens comprennent comme ça parce que c’est un pays où il y a trop de tabou. Ils ne veulent pas progresser.

Moi, j’ai toujours dit, depuis mon premier album, je n’ai jamais insulté dans mes chansons. Ya même pas une injure dedans. D’ailleurs, j’ai dit : celui qui trouve de l’injure dans mes chansons aura tout ce qu’il me demande. Donc ce n’est pas une question de sexualité mais d’actualité.

Avant, on ne pouvait pas voir les caleçons des femmes, mais aujourd’hui, les caleçons, les strings des filles sont dehors et c’est une actualité dont on ne parle pas. Voilà ce que moi j’aborde dans mes titres. Tout le monde voit ça, mais ils n’osent pas en parler et c’est ça que moi je dévoile.

Avant que je ne compose une chanson sur un fait de société, je fais d’abord un sondage. Ce qui fatigue la population, je parle de ça…

Arrives-tu as discuté quelques fois avec tes parents proches sur les thèmes que tu abordes dans tes chansons ?

Mes parents sont des intellos, Mon papa fut l’un des premiers fondateurs d’une école coranique. Mon grand-père a construit la première mosquée de Conakry. Donc si mes chansons n’étaient pas bonnes, ils allaient m’appeler pour me le dire.

Au contraire, ma famille a même accepté mon métier, parce qu’ils ont vu que tout ce que dis c’est de la vérité. Malgré que d’autres personnes pensent que c’est cru ou que ça choque les mœurs.

Comment tu vis cette période de Coronavirus en tant que créateur ?

Moi, je vois cette affaire de Coronavirus là comme quelque chose de divin. Aujourd’hui, quand je vois le monde qui est affaiblit, cela à fortifier ma croyance. Je crois beaucoup en Dieu aujourd’hui plus qu’avant.

Je ne pouvais pas croire qu’il peut y avoir quelque chose qui pouvait anéantir le monde entier, toutes les grandes puissances restées sans force, c’est incroyable. Donc, seul Dieu est fort. La Covid-19 a anéanti tout le monde. Maintenant chacun doit pouvoir se planifier et vivre avec.

Quand on dit : Yemi Aladé, cela te fait penser à quoi ?

Yémi Aladé, j’avais cru en elle ! J’ai agi en guinéen parce je ne pensais pas qu’une femme pouvait te regarder dans les yeux et te mentir. Elle et son entourage ne sont pas crédibles. Ils sont trop escrocs et lâches. Ils ne sont pas dignes et ne peuvent pas continuer à travailler avec des gens comme ça dans la malhonnêteté.

Ton clip a raflé le trophée de Meilleur Clip lors de la première édition des Victoires de la Musique Guinéenne. Quelle a été ta réaction juste après ?

Tu sais, tous mes clips ont été meilleurs. J’avais investi pour que le travail soit parmi les meilleurs. Pour moi, les guinéens n’y faisaient pas attention. Quand j’ai été appelé pour que je vienne assister à la cérémonie Les Victoires de Musique Guinéenne, je suis venu et c’est là que j’ai été agréablement surpris pour ce prix.

Mais ce que j’ai beaucoup aimé, j’ai senti que cette nouvelle génération là avait un plus. Sinon, avant pour avoir un prix, il te faut des négociations. Beaucoup d’événements ici en Guinée pour te donner un titre, il te faut forcement négocier. Alors que pour ce trophée des Victoires de la Musique Guinéenne, c’était totalement différent.

Qu’est-ce que tu penses de la nouvelle scène musicale guinéenne ?

Bon, tout ce que j’ai à dire à la nouvelle génération, ils ne doivent pas être complexés, on doit travailler de plus. Sinon, la nouvelle génération est très, très intelligente. Ils ont tous les atouts pour faire un de plus que nous les aînés n’ont pas pu faire.

Aujourd’hui, avec la technologie c’est un grand atout. Nous devrons mettre en avant les valeurs de chez nous, ne pas copier les autres à 100%. Sinon, si nous faisons 100% Nigérian, 100% Ghanéen, 100% M’balax nous n’aurons pas d’identité.

Donc nous devrons travailler sur notre identité, notre culture. Et ce qui est important ce n’est pas chanter pour avoir le succès d’une semaine, un mois. Ou bien chercher à être aimé à Conakry. Nous devons avoir la vision d’aller très loin.

Qu’est-ce que Sonty prépare actuellement ?

Je prépare « Coup Kérin » c’est-à-dire «Un Coup ». C’est un titre qui va frapper fort, un son sans tabou qui dit tout et cru.

L’Etat a débloqué un milliard pour venir en aide aux opérateurs culturels dont les événements ont étés reportés. Qu’est-ce que t’en penses ?

C’est une bonne chose, c’est un effort mais par rapport à tous ces événements qui ont étés reportés, moi je trouve que c’est petit, c’est peu…

Sans attendre la crise du coronavirus, l’Etat doit accompagner les opérateurs culturels à tout moment. Comparativement aux autres pays, nous sommes trop en retard en Guinée.

Ce qui nous nous fatigue ce qu’on ne communique pas ensemble. Sinon un milliard ne peut pas couvrir tous les événements qui ont étés reportés. Ça ne peut même pas couvrir les artistes qui sont restés sans rien faire pendant plus de cinq mois.  Et un artiste vit de ses œuvres, un artiste vit des événements, des voyages. L’Etat doit penser à ça aussi.

Un dernier mot pour clôturer cette interview…

Je veux que toute la Guinée soit ensemble, dès qu’il y a l’intérêt de la nation, tout le monde doit se lever comme un seul homme. La Guinée est trop, trop en retard et puis les guinéens souffrent trop. Mais cette souffrance-là, seule la population peut résoudre le problème : tant que les guinéens ne se donnent pas les mains, il ne faut même pas espérer sur l’avenir.

Propos recueillis pat Idy BAH pour AFROGUINÉE

 

A propos Aboubacar

Journaliste et animateur radio. Directeur de Publication de ©Afroguinée Magazine, premier portail culturel et événementiel de Guinée-Conakry.

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