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No Logo, îlot reggae du Jura

Près de Besançon, le festival No Logo a fêté ses 10 ans, entre légendes et jeunes talents de Jamaïque et d’ailleurs. Reggae, mais aussi dub, dancehall ou rap.

Telle un obélisque ou un phare, une énorme cheminée domine le village de Fraisans, au bord du Doubs. Des milliers de voitures d’un côté et des milliers de tentes de l’autre, ont envahi les champs alentours. Le festival No Logo investit depuis sa création, en 2013, d’anciennes forges. Elles ont employé jusqu’à 1500 ouvriers qui ont notamment conçu le premier étage de la Tour Eiffel. Aujourd’hui, au pied de cette immense cheminée, scènes, bars et stands ont été aménagés comme dans tout festival de musique.

Mais, comme son nom l’indique (en référence au livre de Naomi Klein), No Logo ne fait appel à aucun partenaire public ou privé — qui en échange apposerait son nom ou son logo — ni à des bénévoles, les équipes sont rémunérées. Un modèle à part en France.

Légendes

Des artistes français inaugurent le festival sous un soleil de plomb : le collectif d’afro-beat les Frères Smith et le duo Dub Shepherds. En début de soirée, une légende du reggae, Horace Andy, 72 ans, avance doucement de l’arrière de la grande scène, coiffé d’une toque et arborant une croix égyptienne autour du cou pour une heure non-stop de concert. D’autres grands noms suivront ce week-end : Johnny Osbourne, Steel Pulse ou Inna de Yard.

Sur la scène dub, les trois énergiques Espagnoles de Women Soldier prouvent que les musiques jamaïcaines se conjuguent au féminin et ont essaimé ailleurs qu’en Grande-Bretagne ou en France. La Côte d’Ivoire le sait bien, avec son héraut engagé, Tiken Jah Fakoly. Vers 21h, il apparaît avec ses dix musiciens. Ses paroles résonnent encore avec l’actualité du continent africain, aujourd’hui après le putsch au Niger : « Des généraux aux commandes, on n’en veut plus. » (Y’en a marre), « Les mêmes actions produisent les mêmes effets » (Gouvernement 20 ans)… Une large partie du public connaît ces paroles et entonne Plus rien ne m’étonne. Sur la scène dub, le duo avignonnais Ashkabad laisse la place au Britannique Mark Iration, d’Iration Steppas, au micro et aux platines pour un set dub, electro et bass music. La soirée du vendredi s’achève avec Patrice puis Zentone, le projet de Zenzile et High Tone.

Dancehall

Samedi, sur la grande scène, le concert de Blaiz Fayah commence par l’apparition de deux danseuses en ombres chinoises, ensuite vêtues de combinaisons futuristes et lumineuses pour escorter le chanteur qui annonce : « ce soir, on fait du sale« . Entendre par là, du dancehall shatta, genre très électronique né en Martinique. Le Français maîtrise d’autres sous-genres, toujours très dansants. Le public exulte. Sur la même scène, l’une des têtes d’affiche les plus attendues du festival est Naâman. Le jeune Normand avait dû annuler plusieurs de ses concerts l’an dernier à cause d’un gros souci de santé. Il ne porte ni dreadlocks ni t-shirt aux couleurs de la Jamaïque, sa musique est à la croisée du reggae et de la pop. Avec le sound-system Ondubground, Danakil paye son tribut à la légende du genre (MarleyExodus…).

Trance

Tandis que les Écossais de Mungo’s Hi Fi dopent leur dub de grime et de breaks, Hilight Tribe conclue cette seconde soirée. Ludo, un des musiciens du groupe, confie : « Nous avions participé à la première édition avec Naâman et Danakil. Même si nous ne faisons pas de reggae, son message est le nôtre. » Le groupe français, pionnier de la natural trance, est autant programmé dans les festivals reggae, que musiques du monde ou electro. Sans machines ni ordinateur, il nous fait voyager aux sons du didgeridoo, de la kora ou des tablas indiens. « Notre concert change constamment d’atmosphères car les nouvelles générations zappent beaucoup dans leur façon d’écouter en ligne », ajoute Ludo.

© RFI / Nicolas Dambre

Le groupe Hilight Tribe, sur la scène du festival No Logo 2023.

 

Le lendemain, les Marseillais de Massilia Sound System ambiancent pour la première fois Fraisans, sous une écrasante chaleur. Comme Horace Andy, Tiken Jah ou Naâman, ils sont passés le même week-end au festival No Logo BZH de Saint-Malo, événement cousin, les trois créateurs du No Logo jurassien de 2013 ayant depuis fait cavaliers seuls. Florent Sanseigne, directeur du festival, se souvient : « En 2013, notre société d’organisation de concerts avait plusieurs groupes reggae disponibles en août. Les forges de Fraisans venaient d’être réhabilitées, le maire a vite donné son accord. En 50 jours, No Logo était monté ! »

Ce dimanche, le concert des vétérans britanniques de Steel Pulse se termine sous un énorme orage. Trempé, le public se réchauffe au son du rap de Cypress Hill puis du toasting de Biga*Ranx et de ses invités, venus fêter les 10 ans du festival. Une édition pour la première fois complète un mois avant son ouverture qui aura fait mouiller la chemise de plus d’un festivalier…

Festival No Logo : Site officiel / Facebook / Instagram / Twitter / YouTube

Par : Nicolas Dambre
RFI MUSIQUE

A propos Mamadama Camara

Journaliste Reporter, passionnée de culture en interaction avec l'environnement. Activiste, agis vert pour la planète et contre le réchauffement climatique.

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