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Brigitte Fessmann parle de musique africaine


Interview. Brigitte Fessmann est une passionnée de musique africaine, nous l’avons rencontré récemment à Paris pour une interview exclusive. Au cours de cet entretien, la fondatrice de Stone, Art & Sound nous parle de son amour pour la musique africaine ainsi que de ses projets culturels. Lisez plutôt…

Bonjour, Brigitte !  Présentez-vous à nos lecteurs qui ne vous connaissent pas.

Bonjour, Aboubacar ! Merci de m’avoir tendu le micro pour cette interview. Alors, je suis Brigitte Fessmann , je vis en Autriche à Salzbourg et j’ai une entreprise Stone Art & Sound  qui fait de la production  et de la diffusion de musique africaine et de l’Inde. J’organise également des tournées et des spectacles avec des artistes musiciens autrichiens et particulièrement des artistes africains.

Brigitte, vous êtes donc une opératrice culturelle basée en Autriche qui gère plusieurs artistes africains comme  Andra Kouyaté & Magic Foli, Karim Chajry ‘’ Maghreb Vibration’’,  Namassa Dioubaté et tant d’autres. Pourquoi ce grand intérêt pour la culture africaine ?

Cela faisait très longtemps que j’écoutais de la musique africaine, le blues, le gospel et bien d’autres sonorités du monde. Mais un jour, j’ai découvert un musicien africain qui jouait de la kora, du Djembé et plusieurs autres instruments africains.  Cette rencontre m’a fait découvrir la musique authentique d’Afrique. Depuis là, je me suis intéressée à la culture africaine que je trouve riche et immense. J’ai donc voyagé au Sénégal pour apprendre plus sur la musique africaine, le continent africain et son histoire. C’est à partir de ce moment-là que j’ai décidé de faire quelque chose pour la promotion et la diffusion de la musique africaine.

En 2011 donc, J’ai produit mon premier album de musique africaine au Sénégal avec Lamine Cissokho ‘’ Pakao’’ où j’ai invité le musicien indien  Majesh Vinayakram sur le titre ‘’ Gorée’’. Après, j’ai produit Ladji Kanté et Les Voix du Mandingue en 2012 au Bogolan studio de Bamako.

Qu’est- ce qui vous motive de si particulier à vous investir dans la promotion de la musique africaine ?

Je pense que l’héritage culturel et musical africain est très vaste. Pour moi, toutes les musiques du monde prennent racine en Afrique. Quand on parle d’histoire, de musique et de culture, l’Afrique a une très grande place dans le monde. C’est pourquoi, il est très, très important de sauvegarder ce patrimoine et de soutenir cette musique du continent noir. Parce que pour moi,  la musique africaine est liée à l’histoire de l’Afrique. Il faut alors sauvegarder cette identité culturelle africaine en créant des moyens de promotion et de diffusion spécifiques.

S’il y a lieu de comparer musique africaine et celle européenne, qu’en diriez-vous ?

Comparativement à la musique européenne, celle de l’Afrique touche mon cœur et me donne beaucoup d’énergie. Les rythmes, les vibrations  de musiques africaines me donnent à chaque fois des frissons que je ne peux  encore expliquer. Pour moi, c’est indescriptible ce que je ressens en écoutant de la musique africaine.

Qu’est-ce que vous pensez des musiques africaines actuelles : l’Afropop, le Coupé- Décalé, l’Azonto et bien d’autres sonorités urbaines qui font bouger le continent et sa diaspora ?

Tout cela est bien, mais la musique traditionnelle africaine reste indéracinable. J’ai parlé  récemment avec un musicien guinéen, Kandia Kora qui fait partie de ces nouveaux musiciens qui  ont réussi à ouvrir un nouveau champ de vision à la musique africaine. Il joue de la kora, il connait bien la musique traditionnelle et il en a fait un élément pour fusionner avec d’autres styles musicaux comme le reggae, le rock, le hip hop, le blues, la pop etc. Cela est très important de nos jours car il permet aux musiciens africains de s’ouvrir des portes à l’extérieur du continent. Avec le mélange des genres, des rythmes et des sonorités, la musique africaine peut aller à la rencontre d’autres types de public notamment européen et américain.

A votre avis, quelles sont les difficultés que la musique africaine rencontrent de nos jours ?

En Europe,  c’est surtout un problème de promotion.  A Salzbourg (Autriche) ou ailleurs,  ce n’est pas facile de peaufiner des dates de concerts, de trouver même des salles pour produire de la musique authentique africaine. Le public européen ne bouge pas très souvent pour  des concerts de musique africaine. Dans les grands festivals, les classiques et d’autres types de musique refoulent du monde mais quand il s’agit de musique africaine, c’est très diffèrent.  A part avec  les artistes très connus comme par exemple, Salif Keita,  Ba Cissoko, Vieux Farka, Angélique Kidjo, Oumou Sangaré  etc. Sinon, ce n’est vraiment pas facile de réunir du monde.

Parlez-nous à présent de votre concept  Stone, Art & Sound…

J’ai fondé Stone-Art & Sound  en 2008. A l’époque, j’étais marié avec un allemand avec qui j’ai conçu ce concept Stone, Art & Sound (Pierre, Art et Son). C’était  un projet  culturel crée autour de la pierre de l’art et de la musique. Aujourd’hui, je suis séparée, mais j’ai toujours voulu  garder ce concept qui m’a fait connaitre à travers le monde. Le label Stone, Art & Sound s’investi maintenant plus dans la promotion,  la diffusion et le booking  de musiciens africains.

Présentement des artistes guinéens sont à Montréal pour un concert citoyen dans le cadre de la lutte contre le Virus Ebola. Qu’en pensez-vous ?

Oui, c’est une très belle initiative. J’ai parlé avec  les artistes Namassa Dioubaté et Morikè Kouyaté à propos de cet évènement à Montréal. Je crois que le Virus Ebola qui sévit en Guinée ou ailleurs en Afrique est un problème de santé publique mondiale. Tout le monde doit aider les personnes démunies et victimes d’Ebola. Cela ne concerne pas que l’Afrique seulement. Merci aux artistes !

Quels sont vos projets à venir ?

En ce moment, je travaille sur le booking et la production de nouveaux artistes comme Andra Kouyaté & Magic Foli , Namassa Dioubaté ,  Karim Chajry  ‘’Maghreb Vibration’’, Franck Biyong ,  Luis Ribiero Project, Mamadou Diabaté & Dramane Dembelé, Atri N’Assouf…. Là je suis à Paris pour m’informer et  rencontrer du monde afin de pouvoir organiser des concerts, des spectacles et des tournées pour les artistes de mon label Stone, Art & Sound.

Vous aimez Paris ?

Ah oui ! (Rire). Aujourd’hui je me suis un peu baladé dans Paris. Eh ! Je vous dis ! Je voudrais y resté encore pour 4 semaines… Si c’est possible ! Pour apprendre mieux  le français ici et y travailler. Mais bon, ça sera pour une prochaine fois…(Rire)

 Une pensée positive pour finir….

La musique c’est la vie ! J’aime l’Afrique, elle représente beaucoup pour moi. Je soutiens et je continuerai toujours à soutenir  la culture et la musique africaine.

Merci d’avoir accepté notre invitation…

C’est à moi de vous remercier. Encore merci beaucoup.

Propos recueillis par Aboubacar Mamadou CAMARA ©Afro Guinée Magazine

www.afroguinee.com

A propos Aboubacar

Journaliste et animateur radio. Directeur de Publication de ©Afroguinée Magazine, premier portail culturel et événementiel de Guinée-Conakry.

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